L’univers feutré et fermé des geeks, des nerds et autres n’est plus aussi hermétique depuis l’avènement d’Ernest Cline.

Encore un livre de science-fiction ? – est l’une des nombreuses réactions qu’on pourrait avoir en voyant le titre de ce livre d’Ernest Cline. Science-fiction peut-être, mais pas par n’importe quel auteur ! Déjà auteur du livre à succès Ready Player One, qui va d’ailleurs être adapté au cinéma par Steven Spielberg (sortie prévue en Décembre 2017), Armada a déjà fait saliver bien avant sa sortie ; qu’en est-il vraiment ? Nous l’avons lu pour vous.

 

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Armada, c’est l’histoire de Zack Lightman, 17 ans ; dont le père disparu croyait en l’existence d’une théorie du complot selon laquelle les jeux vidéos et les films de science-fiction seraient un moyen utilisé par le gouvernement pour préparer l’humanité à une éventuelle invasion extra-terrestre. Zack est étudiant dans la vie réelle mais est classé sixième mondial au jeu Armada (un jeu de simulation de combat spatial) dans la vie virtuelle.

Sa vie bascule lorsqu’un jour, des agents secrets font appel à lui ainsi qu’à d’autres joueurs afin de sauver l’humanité d’une imminente invasion extra-terrestre.

Des enfants formés pour sauver la planète d’une menace alien ; cela vous rappelle un certain Ender’s game ? – les moins jeunes d’entre nous ne manqueront pas de faire référence à The Last Starfighter : Ce n’est ni un hasard, ni un plagiat. L’histoire du livre est construite autour de la vie réelle, autour de la culture populaire et de tous les films de science-fiction ayant jamais existé. Tout au long du livre, l’auteur nous renvoie constamment à des films, allant de Star Wars à Star Trek en passant par Transformers, Men in Black, E.T. ou plus récemment, Edge of Tomorrow.

Si cela vous rappelle Ender’s game donc, c’est normal. Même le personnage principal s’en rappelle.

Le style d’écriture d’Armada contient tellement de références à tel ou tel film que le non initié pourrait se perdre.

Ainsi par exemple, au lieu de décrire un sentiment que Zack ressent à un moment donné, il se dit juste ressentir « ce que Luke Skywalker a ressenti » dans une pareille situation.

Il y va de même pour la description de certains endroits : les mêmes portes que dans Alien ; les mêmes hangars que Battlestar Galactica… Il y a même des easter eggs comme un « All your base are belong to us » qui apparaissent au détour d’une page. Bref ; le pur geek cultivé trouvera son bonheur dans le livre. Lecteur lambda, passe ton chemin.

Même les personnages s’y mettent en communiquant entre eux essentiellement via des citations tirées de films, mais on se lasse vite au troisième « Que la force soit avec toi » lancé avant de se jeter dans la bataille.

C’est là l’un des points faibles du livre : On n’arrive pas à s’attacher aux différents personnages tellement leur description est survolée et bâclée.

Un exemple de l’orgie de références à la pop culture est très bien illustrée lorsque l’auteur utilise l’univers des X-Men, de Doctor Who, de Terminator et d’Alien pour décrire la mère de Zack. Et bonus level, elle joue à World of Warcraft et cite Gandalf du Seigneur des Anneaux pour réprimander son fils.

Coté action, tout se passe très vite. Tellement vite qu’on oublie de ressentir la peur ou tout du moins, le malaise que tout être humain normalement constitué devrait ressentir à l’approche de l’annihilation complète de notre race par une race extraterrestre. La guerre des mondes, independance day, méchants aliens qui voulaient saccager/s’emparer de notre petite planète bleue. Ça, ça faisait peur. Armada ; pas autant. On se perd un peu dans l’océan de citations et de références qui inonde le livre. On se perd tellement qu’on en arrive à se demander pourquoi, de toutes les planètes de toutes les galaxies de l’univers, les Aliens iraient justement s’emparer de la Terre. On a déjà assez de problèmes comme ça !

L’auteur, Ernest Cline, a indéniablement une très bonne culture « geek ». Ce qui est dommage c’est qu’on a l’impression qu’il en fait un étalage.

Sa confiture intellectuelle aura pour effet de rebuter les non-initiés et de donner la migraine aux initiés. Faire allusion aux références de la pop culture aura pris le pas sur une histoire plus élaborée. Ernest Cline a t-il pris un risque en reprenant exactement les mêmes ingrédients qui ont fait le succès de Ready Player One pour écrire Armada? Le multi-clonage ne marche pas à tous les coups !

Armada a de belles idées innovantes sur la théorie du complot, et explore la thèse de l’avenir du monde qui repose sur les épaules des joueurs. Le livre entier est la version papier du fantasme de ces derniers, pour toutes les heures de leur vie qu’ils ont dédié à la vie virtuelle. Ce « sacrifice » se trouvant enfin un sens profond car il est récompensé par une place de choix dans la ligne de défense de la terre contre les forces ennemies – un rêve qui devient réalité!

L’architecture du livre fait que les personnages et la trame principale manquent de profondeur. Cependant, Armada se lit facilement et on aime bien les clins d’œil nostalgiques. Les plus jeunes pourront y voir un moyen pour étendre/compléter leur culture ; tandis que les moins jeunes réviseront leurs classiques.

Le mot de la fin ? Espérons que l’adaptation ciné sera réussie ; tant pour Ready Player One que pour Armada. On en reparlera en 2017 !!

 

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Zarazarao ♥
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ARMADA, d’Ernest Cline
Théories intéressantes Fan service à son paroxysmeParle d’Aliens, de simulation de vol, de méchasRend hommage aux œuvres de science-fiction
Trop de références tue les référencesSurenchère de la fibre nostalgique Personnages aussi profonds qu’un ruisseau en période de sècheresseTrop de clichés, pas assez de selfies
3.0Note finale